Immobilier Ile Maurice Post Covid-19

PERSPECTIVES L'EXPRESS PROPERTY

Sophie Hardy, directrice de Villa Vie, fait le point sur l’impact du coronavirus sur les quatre domaines d’expertise de l’agence immobilière. Elle conforte le sentiment que l’immobilier, malgré la situation complexe, reste un investissement sécurisant, tout en ayant l’espoir que les Mauriciens en sortiront plus conscients de leur environnement immédiat.

Quel a été l’impact du confinement sur les activités de Villa Vie ?

Chez Villa Vie, cela fait plusieurs années que notre système informatique permet à notre équipe d’être à 100% opérationnel à distance. Le confinement n’a donc pas présenté d’impact à ce niveau.

Le digital n’a évidemment pas pu remplacer la relation humaine qui prédomine dans notre secteur.  Nous avons suivi les consignes et n’avons pas fait de visites. Il n’était pas non plus question de faire de la prospection durant cette période de crise ; cela aurait été inapproprié.

Sur les quatre cœurs de métiers qui constituent notre expertise, deux activités ont été lourdement impactées par la situation actuelle, notamment notre pôle de location vacances avec 100% de nos réservations annulées ou reportées. Nous avons géré les urgences car certains de nos clients et locataires se sont retrouvés dans des situations problématiques, et il était important pour nous de rester à leur disposition et de les soutenir au mieux dans leurs démarches. Certains sont restés bloqués à Maurice et nous avons dû les reloger, d’autres ont dû quitter le pays en urgence avec tout ce que cela implique, et d’autres, malheureusement impactés par la crise, ont dû trouver d’autres solutions de logement.

Nous avons profité de cette pause forcée pour également prendre du recul, et nous nous sommes avant tout focalisées sur nos familles. Le confinement a opéré sur nous comme une « reprise de conscience ». Il nous a permis de réaliser la chance que nous avons de vivre à Maurice, avec des conditions météorologiques nous permettant de rester proche de la nature, mais aussi avec le réel élan de solidarité et de partage que nous avons vu se déployer entre les mauriciens.

Comment voyez-vous la reprise de l’immobilier à Maurice ? 

Pour le moment, il semble difficile de savoir quel visage le marché de l’immobilier aura à la fin du confinement. La fermeture des frontières et la situation mondiale nous laissent dans le flou.

Je partage l’opinion des experts immobiliers, tant à Maurice qu’à l’étranger, qui considèrent l’immobilier comme une valeur sécurisante en matière d’investissement en ces temps incertains. J’ai reçu plusieurs appels de clients ayant concrétisé un achat avec nous ces derniers mois, et qui m’ont fait part de leur soulagement de s’y être pris à temps, tout simplement parce que leur portefeuille d’actions a perdu près de la moitié de sa valeur. Par rapport à la Bourse et face à la volatilité des marchés, l’immobilier reste certainement un placement beaucoup plus sûr. Et ceci, à court comme à long terme. L’investissement immobilier engendre enfin un sentiment de sécurité pour le foyer et la famille sur le long-terme.

Les valeurs familiales ont également prévalu durant ce temps de confinement. Ayant tous investi une partie de notre temps dans des travaux de bricolage ou jardinage, nous avons réalisé l’importance du « chez soi » et de s’y sentir bien. Et, par ce biais, l’acquisition de sa résidence principale est définitivement un moyen de protéger sa famille. Je pense donc que le logement va rester un sujet de préoccupation et que le marché immobilier sera malgré tout actif après le confinement, motivé par des changements de mode de vie.

En matière d’immobilier, quels seront les atouts de Maurice sur le marché international ?

L’IIe Maurice présente énormément d’atouts par rapport à d’autres pays. Nous en avons fait l’expérience durant ces 7 semaines de confinement : le climat exceptionnel, le mode de vie extraordinaire, la sécurité, la solidarité… De plus, à ce jour, nous n’avons pas de nouveaux cas et plus de cas actifs du coronavirus à Maurice.

Nous commençons déjà à recevoir des appels de potentiels clients européens qui n’attendent qu’une seule chose : l’ouverture des lignes aériennes, afin de prospecter et s’établir à Maurice au plus vite pour changer de vie. C’est là que le bât blesse : comme pour le tourisme, nous sommes très dépendants de l’accès aérien et le marché immobilier étranger ne pourra redémarrer tant que les frontières ne seront pas rouvertes.

Le gouvernement doit tirer parti de cette crise pour repenser la stratégie immobilière et écologique du pays. Touristes comme Mauriciens et expatriés, nous sommes en effet tous sensibles à la direction que prend Maurice depuis quelques temps avec le bétonnage systématique, la multiplication de programmes immobiliers de toutes sortes, mais aussi la pollution de notre environnement.

Nous espérons que de nouvelles valeurs sortiront de cette crise, ainsi qu’une vraie prise de conscience de tous concernant la préservation de notre environnement !